Peut-il y avoir trop d'éoliennes dans mon champ de vision ?
La présence d’un trop grand nombre d’éoliennes dans le champ de vision peut provoquer un sentiment d’encerclement . Au-delà du ressenti personnel, le risque de saturation visuelle est caractérisé par trois critères qui sont pris en compte dans le processus d’autorisation.
Le risque de saturation visuelle a fait l’objet d’une étude 1 en 2019 dans la région des Hauts-de-France où la densité d’éoliennes est particulièrement importante.
À cet effet les services de la préfecture (DREAL 2 ) ont élaboré une méthode d’analyse qui fait désormais référence 3 . Deux repères sont utilisés, sur l’ensemble du paysage à 360 ° à partir d’un point précis : les éoliennes visibles à moins de 5 km d’une part - qui sont considérées comme « prégnantes dans le paysage » - et celles visibles entre 5 et 10 km d’autre part - considérées comme « nettement présentes visuellement ».
Cette méthode est fondée sur une batterie d’indices mesurables relatifs à :
1) l’occupation de l’horizon, qui est la somme des angles de vision dans lesquels se trouvent des parcs éoliens. (voir illustration)
2) la densité d’éoliennes, soit le nombre d’éoliennes au kilomètre carré au sein du cercle à 5 km de distance (surface de 78 km2) et à 10 km de distance (314 km2).
3) « l’espace de respiration », c’est-à-dire le plus grand angle continu sans aucune éolienne dans le champ de vision.
Des seuils d’alerte sont définis dans cette méthode pour chacun de ces indices, mais ils doivent être interprétés de manière complémentaire les uns par rapport aux autres et non pris isolément. Il revient au bureau d’études paysage, mandaté par le développeur, de confronter ces données à son analyse de terrain qui prend en compte les reliefs et caractéristiques locales.
Cette méthode permet aussi aux services chargés de l’instruction des dossiers d’apprécier de manière objective le risque réel de saturation visuelle, ce qui est obligatoire pour délivrer l’autorisation environnementale. Elle prend en compte les parcs déjà existants, territoire par territoire. Ceci est particulièrement important pour les régions où il y a déjà beaucoup d’éoliennes, visibles le jour et qui clignotent la nuit [lien 134].
De façon plus générale, les élus locaux peuvent être à l’initiative d’un « plan paysage » qui permet d’anticiper les modifications du paysage à l’échelle de leur territoire.
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DREAL Hauts-de-France (2019). Étude sur la saturation visuelle liée à l’implantation de projets éoliens. Consultée le 23/06/26
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Ministère chargé de l'énergie. Les DREAL accélératrices de la transition écologique au service des territoires et des citoyens. Consulté le 23/06/26.
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DREAL Hauts-de-France (2024). Méthode d’analyse de la saturation visuelle liée à l’implantation de projets éoliens en région Hauts-de-France. Consultée le 23/06/26
L’espace de respiration est d’environ 90 degrés, ce qui correspond à l’angle blanc le plus grand, à droite.
La densité est de 0,07 éolienne par km2, ce qui correspond au nombre total d’éoliennes (21) divisé par la surface totale du cercle (314 km2).
